Le mot du Président
Vous avez bien dit PARITE !!!!!!!!! La définition du Petit Larousse est
claire : « égalité parfaite entre les hommes et les femmes ».
Les organisateurs de courses féminines internationales se rendent
vite compte qu’un long chemin reste à parcourir et que de nombreuses et
longues étapes remplies d’ornières seront nécessaires à l’application
parfaite de cette définition.
Pour la partie « charges » du budget, avec des obligations
identiques pour les courses ME2 (hommes élites) et WE2 (dames élites)
imposées par l’Union Cycliste Internationale telles que hébergement des
participantes et leur encadrement depuis la veille de l’épreuve jusqu’au
lendemain, participation à leurs frais de déplacements, etc. la parité
s’applique immédiatement et à la perfection. Les droits d’organisation,
assurances, indemnités des commissaires internationaux, hébergements et
repas, carburant, frais d’organisation, service médical, sécurité course,
etc. sont aux mêmes tarifs.
Pour la partie « produits », il n’en va pas de même. Equilibrer
le budget d’une course internationale professionnelle féminine devient
vite une galère, un vrai carcan. Souvent, les gens qui prônent la parité
sont les premiers réticents quant à son application. Et qui paye la
différence ? Les femmes bien sûr, qui ne peuvent pas être logées, qui ne
peuvent pas être nourries, qui ne peuvent pas être payées (grilles de
prix), qui ne peuvent donc pas courir comme leurs collègues professionnels
masculins. Un simple exemple : le montant journalier des droits
d’organisation, la taxe d’inscription au calendrier international sont
supérieurs à la grille des prix que se partagent les 20 premières
concurrentes d’une étape de 120 Km.
Et la médiatisation ! Les organisateurs doivent se battre au
quotidien pour avoir une couverture médiatique minimum, alors que
celle-ci devrait être identique à celle d’une course masculine de même
importance. Le jour où la parité s’appliquera pour la médiatisation du
cyclisme, un grand pas en avant sera fait. Il sera plus facile de
démarcher des sponsors qui seront sûr d’avoir des retombées importantes,
proportionnelles à leurs engagements.
Alors, pourquoi tous ces tracas pour aboutir ? Pour être fiers de
montrer au monde entier une organisation limousine de qualité, une
organisation française qui se doit d’être sans reproche, pour être heureux
de faire connaître le Limousin aux meilleures sportives du monde entier.
Cela
dépasse l’entendement si l’on n’a pas compris qu’outre la passion du sport
au féminin, le brassage de personnages de divers horizons engendre au fil
des jours, des mois et des années des amitiés solides et sincères. Amitiés
qui permettent au cercle des passionnés de s’agrandir.
On découvre parfois des gens « hors du commun », des
personnalités attachantes que l’on n’aurait jamais imaginer côtoyer.
Bien sûr il y a ceux qui nous déçoivent, ceux qui nous
critiquent, tous les détracteurs du cyclisme et du sport au féminin que
l’on oublie et que l’on ignore très vite au bénéfice des vrais supporters.
En 2006 nous avions prévu d’organiser pour la 1ère
fois une étape en Corrèze. Opération ratée, reportée à 2007. Afin de mener
à bien cette démarche, les premiers contacts, que nous souhaitons voir
aboutir, sont déjà pris.
Une nouvelle fois nous sommes contraints de refuser des équipes
étrangères faute d’un budget « hébergement » suffisant. C’est ainsi que
des équipes de Russie, du Luxembourg, d’Ukraine, de Chine, d’Haïti, de
Belgique, d’Angleterre, d’Espagne, d’Australie, du Canada, d’Italie, des
Pays Bas ne peuvent participer. Dommage !!!!
Malgré une étape en moins, la 12ème édition sera tout
de même un des plus grands rendez-vous mondiaux du cyclisme féminin avec
15 équipes professionnelles sur des circuits mythiques du Limousin.
Le Président,
Directeur de l’Organisation,
Claude LECOURT